Les relations après un traumatisme
Je comprends maintenant comment avancer
Les relations sont souvent l’endroit où les conséquences d’un traumatisme se manifestent le plus visiblement et le plus douloureusement. Difficulté à faire confiance, peur de l’abandon, répétition de schémas douloureux, effacement de soi pour maintenir le lien, hypervigilance au moindre signal de distance… Ces difficultés relationnelles ne sont pas des défauts de caractère. Ce sont les traces, dans le présent, d’une histoire qui a appris au système nerveux que les relations pouvaient être dangereuses.
Pourquoi le traumatisme touche les relations
Les premières relations avec les figures d’attachement parentales sont le terreau dans lequel se construit la façon dont nous allons, toute notre vie, nous relier aux autres. Elles nous apprennent si les autres sont fiables ou imprévisibles, si l’amour est conditionnel ou inconditionnel, si exprimer ses besoins est sûr ou dangereux.
Lorsque ces premières expériences ont été marquées par l’insécurité, la trahison, la négligence ou la violence, dans le cadre d’un traumatisme direct ou insidieux: le système nerveux enregistre des règles relationnelles qui continueront de s’appliquer à l’âge adulte, souvent à l’insu de la personne. Ce ne sont pas des pensées conscientes, mais des réflexes profonds : se méfier, s’effacer, s’accrocher, fuir ou reproduire ce qui est connu même lorsque c’est douloureux.
Ce que le traumatisme peut produire dans les relations
Les conséquences relationnelles du traumatisme sont multiples et souvent interconnectées. Elles peuvent prendre la forme d’une dépendance affective, chercher dans l’autre la sécurité que l’on n’a pas en soi. D’une peur de l’abandon qui transforme la moindre distance en menace existentielle. D’une difficulté à faire confiance, même dans des relations stables et bienveillantes. D’une tendance à reproduire des relations toxiques, non par masochisme, mais parce que l’inconfort familier se présente comme plus rassurant que le confort inconnu.
Elles peuvent aussi prendre la forme d’un effacement de soi, s’adapter, ne pas déranger, taire ses besoins pour préserver le lien à tout prix. Ou à l’inverse d’une distance défensive se tenir suffisamment loin pour ne jamais être vraiment atteint(e).
La relation comme espace de guérison
Il y a quelque chose de profondément logique dans le fait que les relations soient à la fois le lieu où le traumatisme se rejoue le plus intensément, et le lieu où il peut le plus profondément se réparer. Le système nerveux se régule, en grande partie, en lien avec d’autres systèmes nerveux. Les expériences relationnelles sécurisantes répétées, concrètes, fiables peuvent progressivement réécrire les apprentissages anciens et reconstruire une façon de se relier aux autres qui n’est plus dictée par la survie.
C’est précisément pour cette raison que la relation thérapeutique elle-même est un outil central dans l’approche TRANSÉÂME : la constance, la fiabilité et la bienveillance du cadre constituent, en soi, une expérience correctrice.
Comment avancer dans les relations
Avancer dans les relations après un traumatisme ne signifie pas devenir quelqu’un d’autre, ni effacer son histoire. Cela signifie progressivement :
- Comprendre les schémas relationnels qui se répètent et leur origine
- Développer une sécurité intérieure suffisante pour que la relation soit un choix et non un besoin de survie
- Apprendre à poser des limites sans culpabilité excessive
- Expérimenter, pas à pas, des façons d’être en lien qui ne nécessitent pas de s’effacer ou de se protéger à tout prix
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