Traumatisme direct et insidieux
je comprends enfin ce qui m’arrive
Quand on parle de traumatisme, on imagine souvent un choc brutal et identifiable. Pourtant, le traumatisme prend deux visages bien différents : Direct et insidieux, ainsi, comprendre cette distinction permet souvent de mettre enfin des mots sur un vécu resté flou.
Définition: Qu'est-ce qu'un traumatisme ?
Un traumatisme désigne l’empreinte laissée, dans le corps et le psychisme, par une expérience qui a dépassé les capacités d’adaptation d’une personne au moment où elle l’a vécue. Il ne s’agit pas seulement de l’événement lui-même, mais de la façon dont le système nerveux a dû s’organiser pour y faire face, souvent en l’absence de ressources suffisantes pour le traiter pleinement sur le moment.
On distingue généralement deux grandes formes de traumatisme :
- Le traumatisme direct (ou « choc ») : il résulte d’un événement ponctuel et identifiable: un accident, une agression, une catastrophe, un deuil soudain, qui dépasse, sur l’instant, les capacités de la personne à faire face.
- Le traumatisme insidieux (ou cumulatif, relationnel, développemental) : il résulte non pas d’un événement unique, mais d’une exposition répétée, souvent durant l’enfance, à un climat d’insécurité, de négligence ou d’instabilité, sans qu’aucun épisode isolé ne soit, en lui-même, suffisamment marquant pour être identifié comme « traumatique ».
Dans les deux cas, le corps retient ce qui a représenté une menace pour son sentiment de sécurité, qu’il s’agisse d’un instant précis ou d’une accumulation silencieuse sur plusieurs années.
Le traumatisme direct : un choc identifiable
Le traumatisme direct correspond à un événement ponctuel et intense, qui dépasse les capacités d’adaptation de la personne au moment où il survient : un accident, une agression, un deuil soudain, une catastrophe. Il est en général plus facile à nommer, car il y a une date, un avant et un après.
Le traumatisme insidieux : une accumulation silencieuse
Le traumatisme insidieux résulte d’une exposition répétée à des situations de stress, d’insécurité ou de manque, souvent durant l’enfance : climat familial instable, négligence affective, critiques répétées, devoir grandir trop vite, absence de figure rassurante constante. Aucun de ces éléments, pris isolément, ne ressemble à un traumatisme classique. C’est leur répétition et leur accumulation dans le temps qui finissent par façonner durablement le système nerveux et la manière de se sentir en sécurité.
Ce qui a manqué compte autant que ce qui est arrivé
Dans l’approche TRANSÉÂME, il y a une distinction essentielle à faire : il y a ce qui s’est passé: l’événement, le choc, la violence et il y a ce qui aurait dû se passer et qui n’a pas eu lieu. Une sécurité qui n’a jamais été donnée. Un attachement qui n’a jamais pu se construire. Une validation qui n’est jamais venue. Une protection qui a manqué au moment où elle était vitale.
Ces absences ne laissent pas de souvenir précis à retraiter. Elles ne correspondent pas à un événement identifiable. Et pourtant, elles organisent le système tout autant, parfois davantage, que les traumatismes directs.
Pourquoi cette distinction change tout
Une personne ayant vécu un traumatisme direct cherche souvent à restaurer une sécurité perdue. Une personne ayant grandi sans base sécure cherche à construire une sécurité qui n’a jamais pu se développer. Ce ne sont pas les mêmes blessures, ni les mêmes besoins, ni le même travail.
Le corps, lui, ne fait pas de hiérarchie entre les types de traumatisme. Il retient ce qui était menaçant ou insécurisant pour le système nerveux, qu’il s’agisse d’un événement unique ou d’un climat répété pendant des années.
Reconnaître son histoire, sans la dramatiser ni la minimiser
Beaucoup de personnes ayant vécu un traumatisme insidieux se disent : « il ne m’est rien arrivé de grave», « d‘autres ont vécu bien pire ». Reconnaître ce que l’on a vécu ne consiste pas à blâmer son entourage ou à dramatiser son histoire. Il s’agit simplement de redonner de la légitimité à ce qui a réellement façonné votre système pour pouvoir, ensuite, le transformer.
Pourquoi le traumatisme insidieux est si difficile à nommer
Plusieurs raisons expliquent l’invisibilité de ce type de traumatisme : l’absence d’événement marquant rend difficile d’établir un lien de cause à effet; la normalisation fait que ce qui a été vécu était souvent perçu comme « normal » à l’époque, puisque c’était la norme dans l’environnement de la personne; et la comparaison sociale « d’autres ont vécu pire » Invalide systématiquement la légitimité de la souffrance ressentie.
Les deux types de traumatisme peuvent coexister
Il n’est pas rare qu’une même personne ait vécu à la fois un traumatisme insidieux, dans un climat familial installé sur la durée, et un traumatisme direct, un événement précis venu s’ajouter à ce terrain déjà fragilisé. Dans ce cas, le traumatisme direct est souvent plus facilement nommé, tandis que le terrain insidieux qui l’a précédé reste, lui, dans l’ombre. Alors, qu’il joue souvent un rôle déterminant dans l’intensité et la durée des conséquences.
Une lecture qui change l'accompagnement
Identifier précisément quel type de traumatisme est à l’œuvre ou la combinaison des deux permet d’orienter un accompagnement beaucoup plus pertinent : restaurer une sécurité perdue n’est pas le même travail que construire une sécurité qui n’a jamais existé.
Comprendre ce qui vous est arrivé et ce qui vous a manqué, est la première étape du parcours ATCR proposé par TRANSÉÂME. Découvrez l’approche TRANSÉÂME ou prenez rendez-vous pour un premier échange.